Chers OceKologues, aujourd’hui, j’ai la joie de vous présenter un portrait de Triskel, le webmaster du site Freegan dont je vous parlais il y a quelques jours. Il m’a contacté pas MSN et a eu la gentillesse de répondre à touuuuuuutes mes questions avec patience et ouverture d’esprit. Triskel n’a pas une vie « banale » et conventionnée surement comme vous et moi, il n’habite pas dans un appartement et ne fait pas ses courses au supermarché …
Ce jeune freegan de 25ans vit dans la rue depuis ses 18 ans et se nourrit, s’habille et ne jouit que de produits récupérés et trouvés. Si ce n’est pas forcément par choix que Triskel a commencé ce style de vie, c’est aujourd’hui par conviction qu’il s’en satisfait et le conserve. « Il y a trop de gâchis en France, lorsqu’on regarde les bennes près des supermarchés, près des entreprises ou même des particuliers on trouve tout ce qu’il faut pour être heureux : de la nourriture, du matériel informatique, des vêtements et même des téléphones portables ! ». Le jeune homme m’impressionne par sa bonne humeur et sa joie de vivre, il est positif, très communiquant et attire instantanément la sympathie. « La rue est un monde particulier qui m’a fait redécouvrir la communication. Lorsque j’ai compris qu’on a pas forcement besoin d’un toit pour vivre, j’ai choisi d’y rester ».
Triskel vit avec 50 euros par mois, c’est tout ce dont il a besoin pour payer l’assurance du camion dans lequel il habite avec Gaïa sa chienne et pour stocker les trésors abandonnés qu’il découvre sur nos trottoirs .
Le mode de vie Freegan vient des Etats-Unis « Aujourd’hui j’utilise Internet pour faire passer le message, nous sommes une communauté d’environ 2000 personnes. Au début nous souhaitions changer le monde, le rendre plus harmonieux et idyllique, ce n’est pas toujours facile à faire alors on aide les gens au maximum et ca marche ! ». Il me raconte qu’il a déjà formé des personnes comme vous et moi à trouver leurs denrées alimentaires de cette façon « les étudiants aussi, nous les aidons beaucoup ».
Pour gagner quelques sous, il récupère les métaux « Le zinc, le cuivre, ça se trouve par kilos dans la rue et dans les décharges. Personne ne veux perdre du temps pour récupérer 20 centimes sur une vieille carte mère d’ordinateur ou sur des fils électrique. Moi je prend ce temps et je revends à des ferrailleurs, ça paie bien parfois ! ». Il a aussi son site Internet, qui fait 2000 visites par jours et lui rapporte 200 dollars par mois en moyenne.
Triskel a des projets, il remet à neuf son petit camion pour pouvoir ensuite parcourir la France et distribuer ses bonnes idées à qui voudra l’écouter. Il veut également aller à l’étranger « Amazonie, Inde, Tibet et en Europe aussi, pour rencontrer les autres membres de la communauté ! » Il a des étoiles dans les yeux et ça me fait chaud au cœur car c’est peut être un peu ce dont nous manquons dans nos sociétés biens rangées. Une rencontre très enrichissante pour moi et pour qui voudra la partager, son site Internet est ouvert 24h/24, ses bras et son esprits son quand à eux ouverts à la discutions et j’espère bien le rencontrer sur Paris un de ces 4 ! Merci Triskel !