Du temps pour les inconnus

4 juillet 2008  |  Publié dans Me to You, Réflexions  |  4 Commentaires   | 21 vues pour cet article

train

Hier soir, nous sommes allés nous promener dans Paris.
Quand on déménage en banlieue, aussi proche soit-elle du centre, c’est étrange de constater combien on rechigne à retourner en ville… Flânant en ville, sans idée précise ni impératif de retour au bercail, nous avons croisé à la gare un étrange personnage dans la quarantaine, vêtu d’un habit traditionnel russe (chapeau de peluche compris) qui tirait une vieille valise. Nous passant devant, il s’excuse poliment et nous trouvant vraisemblablement sympathique entame alors un monologue très étayé sur les bonnes manières. Il nous apprend du même coup qu’il est étudiant en master et optométriste à ses heures perdues.

Pendant presque une heure, nous sommes restés debout aux portes de la gare à l’écouter nous parler de sa spécialité médicale. Il nous regardait peu et semblait s’adresser à une audience d’universitaire, il nous donnait un vrai cours magistral !! Au début, j’étais un peu gênée : que voulait donc ce curieux personnage ? Nous vendre quelque chose ? Etait-il fou ? Nous voulait-il du mal ? Je pensais passer poliment mon chemin et le voyant si heureux de nous parler je me suis alors détendue pour profiter pleinement de ce moment d’échange éphémère et sans à priori.

Quel temps accordons nous aux rencontres fortuites ? Nous sommes finalement très peu disponibles pour le monde qui nous entour. Regardons les gens dans les transports en commun : plongés dans des livres, noyés sous de la musique, assommés de fatigues, nous avons presque peur les uns des autres, nous nous ignorons !

Quel rapport avec l’environnement ? Je pense que l’important c’est l’individu et la façon dont nous exprimons notre identité. Avec le développement d’internet, on a assisté quand j’avais 14 ans (waouuu y’a 10 ans !! ) à l’émergence des communauté virtuelles. Caramail, le chat Yahoo, Msn et maintenant Second Life, Counter Strike et WOW … Ce sont autant de réseaux qui nous offrent un formidable don d’ubiquité, un morcèlement de notre identité en plein de petites facettes éparpillées aux 4 coins du net. Face à cela avons-nous encore besoin de nos semblables ?
S’individualiser n’est-ce pas un moyen supplémentaire de s’éloigner de la nature ?

Réfléchissons à la cohérence de nos identités virtuelles et à la façon dont elles interagissent avec notre vie. Faisons l’exercice d’être attentif aux gens et à la nature autour de nous au moins une fois par jour.
Rendons-nous disponibles pour l’autre et de cette ouverture d’esprit naîtra un regain d’intérêt pour la simplicité de la Nature…

4 Réponses

  1. Visiteur dit:

    4 juillet 2008à 19:53(#)

    J’ai souri en lisant ton article et la description de votre première réaction. Ça m’a totalement rappelé un moment de mon adolescence ou je devais avoir une bonne tête et un jour sur deux un ou une inconnu(e) m’arretait pour me parler de sa vie (de merde la plupart du temps!). Les premières fois je me demandais comme vous ce qu’ils pouvaient bien me vouloir, qu’est ce qu’ils allaient me demander, ou était l’embrouille et surtout pourquoi encore et toujours moi, puis finalement j’ai compris que certaines personnes doivent réellement se sentir très seules et ont seulement besoin de discuter même si c’est avec le premier venu (ayant tout de même une tête à supporter le monologue). Par la suite j’ai vécu 3 années par intermitance en Colombie et je me suis rendu compte que là -bas c’était monnaie courante surtout dans les petites villes ou villages. Les australiens ont-ils aussi peu la fibre sociale que nous ou se rapprochent-ils plus des Colombiens? Bref,aujourd’hui que je ne suis presque plus un gamin (tiens 24 ans moi aussi!)je dois avoir l’air moins sociable, ça devient plus rare mais à chaque fois si j’en ai l’occasion je prends le temps de les écouter c’est parfois drôle ou enrichissant et finalement ça me plait. Ceux qui sont sympas à écouter aussi ce sont les vieux et les SDF, ils ont pour la plupart une histoire à raconter (ou à re-raconter!) et un point de vue sur la vie qui vaut la peine d’être entendu et parfois pris en compte.

  2. Nathalie dit:

    4 juillet 2008à 20:15(#)

    Lol c’est vrai que la gentillesse et la disponibilité se lit sur le visage de quelqu’un .
    Les Australiens sont très sociables lorsqu’ils sont au comptoir d’un bar. J’ai également eu des expériences de générosité gratuite incroyable à Melbourne dans le Sud. Les Irlandais aussi sont très sympathiques ! Mention spéciale pour les Canariens que nous avons découverts pendant nos dernières vacances.
    C’est d’ailleurs là bas que j’ai eu l’idée de cet article la première fois. Nous étions à Santa Cruz la capitale, il faisait très chaud, c’était l’heure de la sieste ( 15h) et nous étions affamés. Nous sommes allés nous abriter à l’ombre d’un parc et un vieux vieuuuuuuux monsieur est arrivé pour entamer la conversation. Il était enchanté que nous soyons français, il a baragouiné quelques mots et nous a raconté sa jeunesse à Paris. Nous sommes restés un bon quart d’heure avec lui sur un banc et nous avons filés de façon très maladroite car nous avions très faim.
    En partant, nous étions honteux … Quel égoïsme nous a poussé à déguerpir comme ça alors que nous n’étions pas vraiment pressés ? Un peu de gène, beaucoup de faim et surtout peu l’habitude de parler à des inconnus.

  3. Visiteur dit:

    4 juillet 2008à 21:22(#)

    Argh, je viens de relire mon commentaire et la dictée de Pivot c’est pas pour tout de suite (Bernard si tu nous lis…). Désolé pour l’aurtografe mais j’ai tendance à mettre le cerveau en veille derrière un clavier.

    Sinon c’est déjà bien d’avoir accordé 15 minutes à papy, tout le monde ne le fait pas…
    Par contre je pense que les communautés virtuelles ne sont pas totalement néfastes pour les rapports sociaux. Ça permet à certains de rencontrer des gens qu’ils n’auraient pas eu l’occasion de connaitre dans la réalité, idem pour les timides maladifs, ça permet de créer des liens et d’avoir des rapports avec ses semblables malgré comme tu le fais remarquer les effets pervers de ce type de communautés.

  4. Nathalie dit:

    4 juillet 2008à 21:41(#)

    Moi aussi je suis une calamité en orthographe, d’ailleurs ça me porte préjudice dans mon travail parfois, alors j’essais de faire très attention car il parait même que certains ne venaient plus sur OceKo à cause des fautes. Merci au passage à Nicolas, qui corrige les fautes de mes articles (hé ho y’en a de moins en moins quand même !!) et me donne son avis précieux.
    Non ,les communauté ce n’es pas néfaste pour tout le monde, mais c’est comme tout, il ne faut pas en abuser. D’ailleurs un blog c’est aussi une sorte de communauté virtuelle ! ce que voulais dire ca s’adresse surtout à ceux qui multiplient leurs identités et finissent peut être par se perdre.
    On croit toujours que les écolos sont réfractaires au progrès, mais c’est faux ! Par exemple, mieux vaut une réunion skype que 100 km de voiture. Interne rétrécit le monde et rapproche les êtres : ca peut être lu de façon positive et négative !

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