Mon royaume pour un melon !

1 juillet 2008  |  Publié dans Me to You, Réflexions  |  10 Commentaires   | 19 vues pour cet article

melonFaire les courses, ce n’est pas un moment très agréable (encore moins pour les hommes j’ai remarqué ;-) ) surtout quand on passe à la caisse. Ça l’est encore moins quand on charge son panier avec des produits bios.

Hier, j’ai failli m’étouffer devant un melon bio de taille très moyenne à  4.50 euros … Et pourtant Lylian Le Goff, dans son livre «Manger Bio c’est pas du luxe» semble dire le contraire (je n’ai pas encore lu le livre, mais il est sur ma liste !).

Si l’on part du postulat que ceux qui mangent bio font attention à leur santé et à celle de la planète, cela signifie qu’ils consomment moins de viande et poissons, qui sont sensés être des produits chers, ils font alors des économies !
Cet argent peut être reporté sur l’achat de fruits et légumes bios, qui sont effectivement plus chers pour le contribuable à cause des subventions qui vont surtout à l’agriculture industrielle et chimique…
Dans mon article précédant, je râle justement sur le fait que la viande est devenue un produit de consommation au rabais, en témoigne alors mon fameux melon bio qui s’avère plus chèr qu’une tranche de Charal … Alors est-ce qu’on peut vraiment raisonner ainsi ??

Est-ce un problème de manque de soutien politique à l’agriculture bio et de subvention ? C’est surtout un problème de relativisation à mon humble avis. A-t-on encore la valeur des produits que l’on consomme ? Est-ce lorsque l’on paie un melon bio 4.50euro, la part de cette somme reversée à  l’agriculteur reflète vraiment la valeur de son travail ?

Si l’on veut manger de bons produits, cultivés à l’ancienne (sans revenir à la charrette, ne poussons pas le cliché), ce n’est pas en utilisant produits chimiques sur pesticides, substrats artificiels et en faisant des champs de centaines d’hectares de la même culture jusquà épuiser les sols, qu’on va y arriver. De cette manière, on fait baisser les coûts, mais aussi la qualité et la valeur nutritive des aliments.

On nous parle toujours de notre pouvoir d’achat (et notre moral aussi, CF les articles d’Olivier et de SoAnn ), mais est-ce qu’il a vraiment baissé ? Je n’ai pas trouvé d’étude à ce sujet, mais je serais curieuse de connaitre la part de notre salaire consacrée à l’alimentation aujourd’hui, comparée à il y a 40 ans ! Si c’est comme pour l’essence, cette part a baissé. Aujourd’hui avec une heure de Smic on achète 4.5 litres d’essence quand on en achetait 3l en 1974 . Que fait-on de notre argent alors ? On s’achète des appareils électroniques, on se paie des voyages, on change de voiture, on paie les abonnements internet, on téléphone …

Nos besoins ont changés, ils sont plus superficiels, matériels (je critique, mais je suis la première à  dépenser mon argent dans du matériel photo ! ) … La qualité des aliments dans notre assiette a baissé, leur prix a augmenté mais la part qu’ils représentent dans notre budget a (sûrement) baissé. C’est bizarre non ?

10 Réponses

  1. Nicolas dit:

    1 juillet 2008à 10:36(#)

    Je suis tout fait d’accord avec toi. Nos besoins ont changé, notre budget s’est déplacé. Donc, certains besoins plus primaires en pâtissent. Moi aussi je suis (plus j’étais maintenant) le premier me priver sur la bouffe pour m’acheter le dernier truc électronique… Je suis curieux de savoir aussi combien arrive dans la poche du producteur bio… N’hésite pas nous dire quand tu le sais !

  2. Richard dit:

    1 juillet 2008à 12:09(#)

    Je me rappelle de cette année en Australie où je n’avais pas besoin de mon ordinateur, d’Internet, où je prenais des photos mais c’était plus en prévision de mon retour où il faudrait que je montre ces photos…
    En Australie, je n’avais pas les mêmes besoins… et quand j’y repense, ça ne me manquait pas !

    De quoi aurais-je besoin demain et que je n’avais même pas pensé un jour avoir besoin !!!
    Merci marketing, pub et tout le tralala de nous inviter chaque jour de nouveaux besoins !!!

    Et puis manger c’est de la perte de temps, n’est-ce pas ??? D’ailleurs, je vais y aller mais vite… car il faudra que je revienne vite travailler pour produire plus !!!

    Vous trouvez que je caricature ?!!!

  3. baltringue dit:

    2 juillet 2008à 8:12(#)

    De mon temps de jeune fille, un travailleur agricole un peu pochetron habitait dans la grande foin chez mes parents. Il était l lorsqu’ils avaient acheté le maison et ne lui ont jamais demandé de partir. Donc il était l et tous les ans Noel il nous offrait une volaille… Mais une vraie! Elevée l’air libre et dans les champs. A bouffer du verre de terre et courir toute la journée.
    Et bien elle était imbouffable la bête. Dure comme du béton avec un goût épouvantable… Mais elle était écolo.

  4. kilroy dit:

    2 juillet 2008à 8:13(#)

    Les priorités se sont déplacées en effet, mais je trouve que les gens ont des comportements d’achat contradictoires et largement dictés par la publicité.

    Je mate souvent les caddies de mes voisins en attendant aux caisses de mon hyper habituel. Certaines personnes vont prendre du bas de gamme sur des fondamentaux (oeufs, lait, légumes) alors que des équivalents de meilleure qualité (voire bio) sont dispo pour pas tellement plus cher. Aucun discernement sur les provenances, on achète le prix, parfois sur des coups de tête(fraises d’Espagne en mars par exemple).
    Par contre, ils vont choisir des produits tout préparés vantés par la pub (soupe en briques, plats en sachet), et des produits utilisant un packaging individuel ou spécifique (café en dosette) qui sont très chers (et où le packaging vaut bien plus que le produit lui même).
    Par ailleurs, ces mêmes personnes ont une berline familiale ou un petit 4×4.

    Personnellement, je mange majoritairement bio (avec des achats chez un petit commerçant), je fais mon pain moi même, je consomme rarement conserves ou surgelés, je privilégie les aliments non raffinés (sucre, farines), je ne mange jamais de plats tout prêts, je profite des produits du potager de mes beaux parents… et je roule en 206.

    Bref, des comportements d’achat complètement différents. Je ne sais pas lequel est le plus rentable au final, mais par contre, pour le bilan environnemental, je n’ai pas trop de doutes !

  5. Nathalie dit:

    2 juillet 2008à 8:55(#)

    @Richard : Ahhh que c’était bien l’Australie sur ce point ! Je me souviens aussi de mon appart près de la plage, où le soir j’avais le choix entre une bière et la TV ou des activités manuelles pour m’occuper. C’est l que j’ai commencé la peinture (je vous épargne mes œuvres, la première fut une petite fille avec deux couteaux sur une pile de chats morts …), ainsi que la lecture de romans fantastiques, le skate et les longues marches sur la plage. Aujourd’hui, une marche près de la Seine et je tousse pendant 3 semaines ! Mais j’ai plus de temps pour OceKo 

    @Baltringe : Pour la volaille de votre voisin, c’est vraiment pas de chance. Il faut croire que le gallinacé allait se servir dans la réserve de grains maltés du maitre, pour en ressortir raide morte et finir dans votre assiette. Ma très chère grand-mère m’a élevé au poulet fermier (pas le Loué ! le vrai de la ferme de Causole, le village au dessus) et le poulet frites du mercredi a toujours été aussi tendre que le souvenir qu’il m’en reste !

    @Kilroy, le fait le même constat. Pouvons cependant en vouloir nos semblables quand un énergumène comme le PDG de Nestlé rapporte des bêtises plus grosses que lui sur les produits bios ? Laissez-moi vous compter fleurette son propos dans l’article d’aujourd’hui…
    Ce qui est rentable pour l’environnement, l’est aussi pour vous par la procuration de vos futurs enfants, petits enfants, arrières futurs petits enfants … Il faut penser long terme !

  6. Nicolas dit:

    2 juillet 2008à 9:15(#)

    @Kilroy : Moi aussi je regarde les caddies des voisins… Et même constat. Depuis peu et grâce la personne avec qui je vis, j’ai changé ma façon de faire. Et même si c’est indéniablement plus cher, on mange mieux, et le fait de cuisiner ces matières premières de meilleure qualité soi-même améliore leur longévité par rapport un plat cuisiné tout prêt… Le goût, la valeur nutritionnelle sont incomparables ! Donc, en prenant un peu de recul ( vue de nez, je n’ai pas fait le calcul exact) ça ne me semble pas revenir beaucoup plus cher, si tant est d’avoir, comme tu le dis Kilroy, un comportement d’achat cohérent.

  7. kilroy dit:

    2 juillet 2008à 9:18(#)

    @Nathalie.
    J’ai vu un communiqué édifiant sur Effets de Terre sous le titre Quand Nestlé roule pour Monsanto. Et Café Croissant propose en vidéo l’interview du PDG extraite de “we feed the World”.
    J’attends ton article, ça ne peu faire que du bien !(sauf Monsieur Brabeck qui se fout bien de nous autres qui bouffons sa daube)

    Enfin, pas facile de boycotter Nestlé tant cette multinationale contrôle de marques différentes.
    Bientôt il va falloir aller faire ses courses avec deux listes : une de produits acheter et une autre de marques éviter !

  8. Visiteur dit:

    2 juillet 2008à 13:33(#)

    “le poulet frites du mercredi a toujours été aussi tendre que le souvenir qu’il m’en reste !”

    Fan!

  9. Olivier - Quotidien Durable dit:

    2 juillet 2008à 15:37(#)

    Souvent je me demande “est-ce que c’est trop cher ? Ou juste plus cher que ce que je payais jusque l ?”

  10. Nathalie dit:

    2 juillet 2008à 16:45(#)

    Jte jure j’ai de ces envolées lyriques moi desfois ! Une vraie poète …

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