We feed the world et autres réflexions
29 juin 2008 | Publié dans Ciné/Médias, Médias | 13 Commentaires   | 126 vues pour cet article

Hier soir, j’ai regardé “We feed the world”, un film de Erwin Wagenhofer. A l’époque où il est sorti, je vous en avais parlé, mais je n’avais pas eu le temps d’y jeter un œil. Un erreur maintenant réparée ! Le film est inspiré du livre de Jean Ziegler « l’Empire de la Honte », qui traite de la faim dans le monde et je dois avouer qu’ayant vraiment adoré le livre, j’ai été un peu déçue par le film. Le reproche que j’ai à faire est qu’il n’est pas clair. Je le trouve construit de telle sorte qu’il fait appel au bon sens de chacun pour tirer les conclusions : C’est très bien, mais encore faut-il que la personne qui regarde le film s’intéresse un tant soit peu à ce sujet. C’est un enchaînement de reportages très intéressants, mais je peine à trouver un fil d’Ariane à tout cela.
Un des reportages sur les volailles élevées en batterie est affligeant. On y voit des milliers de poules dans un hangar, qui passent leur triste vie à manger et pondre. Les œufs sont récupérés et mis dans des couveuses qui en contiennent plus de 4000. Les poussins éclosent dans des cagettes en plastique et y restent jusquà ce qu’ils passent sur un tapis roulant où ils sont jetés brutalement comme des déchets. Des mains les attrapent violemment pour les séparer des coquilles vides. On voit des poils jaunes qui volètent de partout et les poussins qui sont complètement déboussolés, c’est très choquant. Je vous passe ensuite les détails sur les machines-hangars d’abattage qui électrocutent, découpent et plument les pauvres bêtes.
L’intervenant est très heureux de vous expliquer que la science permet aujourd’hui d’imiter la nature en accélérant le cycle de vie de l’animal , de sa ponte à sa mort. C’est du fordisme, appliqué non plus à des voitures, mais à des biens de consommation vivants.
A ce moment là on peut se poser une question : Comment en sommes-nous arrivés là ? Le développement de nos sociétés induit qu’on veut toujours plus pour moins cher. Plus de viande, plus de poissons, pour tout le monde et tout le temps. La société civilisée se reconnait dans l’abondance et la disponibilité immédiate.
Quand j’étais petite, on mangeait peu de saumon, c’était un aliment de fête car il était cher et rare. Aujourd’hui, on trouve des tranches de saumon fumé toute l’année et parfois moins chères que du jambon !
Pour que tout le monde en profite au moindre coût, on accélère le rythme de la vie, on produit à la chaîne de la viande, on pêche des tonnes de poisson même pas à maturité avec des filets de 100kms, on fait pousser nos légumes en serre dans du substrat enrichit aux vitamines car c’est plus efficace que la bonne vieille terre.
Est-ce que c’est ça le bonheur et l’expression de la richesse ? Manger des fraises en janvier, du foie gras pour 3 euros ? Pourquoi les fruits du bout du monde sont moins chers que ceux produits par le paysan du coin ?
Pourquoi n’y a-t-il pas de photos de vaches sur les barquettes des supermarchés ? Parce qu’on veut nous faire oublier d’où vient la nourriture que l’on avale. On dénature les aliments en les désolidarisant de leurs source. C’est plus facile de manger du steak haché quand on ne sait pas d’où cela vient. C’est mignon une vache et ça fait toujours mal au cœur de savoir que c’est la source de la viande dans notre hamburger.
Mais ce n’est pas cela l’essentiel, ce qui est dramatique c’est la façon dont on produit notre alimentation. Les écologiques enquiquinent les industriels avec leurs produits bios, mais est-ce que c’est normal qu’un poulet de batterie perde de son poids à la cuisson car il est gorgé d’eau et qu’il n’ai pas de goût ? Est-ce que c’est normal que l’on nourrisse des animaux végétariens avec des farines animales ? !!
Nicolas Hulot disait que l’on reconnait la valeur d’une société à la façon dont elle traite ses animaux (dans « Le syndrome du Titanic »). Quelle est notre valeur à nous qui acceptons de manger dans ces conditions sous prétexte que l’on veut profiter de tous les produits que nous offre la nature ? Est-ce que c’est remercier la nature que de la forcer au rendement maximum ?
Toutes ces questions sont à mon sens primordiales. Aujourd’hui, j’aimerais savoir comment faire pour que tout le monde se les pose. Comment susciter chez autrui, l’éveil et la réflexion que j’ai aujourd’hui (et que vous avez sûrement si vous êtes ici ) ? Comment donner envie aux autres de changer leurs habitudes pour un monde plus juste et sain ? Personne ne m’a forcée moi, j’ai juste ouvert mon esprit et même si parfois ces questions me rendent chèvre, je voudrais aider à reproduire cet éveil chez les autres. Vous avez une idée vous ?








30 juin 2008à 10:46(#)
Malheureusement l’éveil dont tu parles prendra mon avis plus la forme d’un réveil ô combien difficile et ce dernier n’interviendra qu’une fois l’homme au pied du mur comme cela se produit le plus souvent. C’est triste mais c’est dans la nature humaine d’attendre le dernier moment pour réagir et le domaine de l’écologie ne fait de toutes évidences pas exception la règle.
J’espère malgré tout que je me trompe en me livrant une analyse aussi pessimiste et que tes efforts ainsi que ceux de la “communauté écolo” porteront leurs fruits et nous éviteront d’en arriver certaines extrémités.
En attendant merci quand même de tenter d’éveiller certains d’entre nous !
30 juin 2008à 10:54(#)
Je lisais je ne sais plus où quelqu’un qui disait que l’homme est fait de telle sorte qu’il fonce tête baissée et que tant qu’il n’a pas le crane dans le mur, il ne change pas de direction. C’est très fataliste comme raisonnement, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est vrai, pour un groupe en tout cas.
Individuellement on est plus intelligent, mais on a du mal se secouer en masse.
Le problème des blogs écolos et je m’en rend malheureusement compte, c’est que vous qui passez par ici, vous êtes déj “éveillés” dans le sens où j’en parle dans mon article. Vous êtes la recherche d’infos, comme moi quand je surfs chez les autres bloggeurs, pour faire avancer la machine.
Ce sont deux choses différentes selon moi : Chercher changer les choses et chercher communiquer sur ceux qui cherchent changer les choses. Avec mon blog, je communique, mais je n’agis pas vraiment … Enfin , c’est un début et c’est mieux que rien ! ;-)
Nat J-
30 juin 2008à 11:56(#)
Alors ce que je vais te dire risque de te faire plaisir, je ne suis pas du tout ce que l’on pourrait appeler un “membre” de la “communauté écolo” et si je me retrouve lire régulièrement ton blog depuis quelques semaines, c’est uniquement parce que j’ai découvert ce dernier non pas en compulsant le web la recherche d’infos sur l’écologie mais en cherchant de bons spots photos dans le Sud sur flickr. Si je dois appartenir une communauté c’est plutôt celle des photographes et c’est par le seul hasard (et les liens que tu laisses dans ton profil flickr…) que tu as acquis un nouveau lecteur régulier.
L’écologie était tout de même un sujet qui m’intéressait la base mais c’est vrai que depuis que je lis ton blog régulièrement je fais plus attention et je fais un peu plus d’efforts.
Conclusion, je suis la preuve vivante que ton travail touche un public bien plus large que tu ne sembles le penser et que tu peux effectivement provoquer l’éveil de certains.
Un grand merci pour le boulot que tu fais régulièrement ainsi que pour mon “éveil”.
Quoi qu’il arrive tu pourras toujours te dire que tu en as ramené au moins un sur le droit chemin de l’écocitoyenneté!
Au plaisir de te lire…
30 juin 2008à 12:06(#)
Effectivement, cela me fait très plaisir, cher “visiteur” et c’est pour ce genre de messages que je suis fière d’être bloggeuse. Merci.
Tous les efforts valent la peine d’être réalisés si c’est pour informer, ne serait-ce qu’une personne. Mission accomplie !
Si tu cherches des endroits attractifs dans le sud, je te recommande la visite de Gourdon, sur les hauteurs de Grasse, ainsi qu’un petit tour par tous les villages de l’arrière pays de la côte d’azur. La région Varoise est aussi exceptionnelle, j’ai particulièrement aimé mes deux jours passés sur le rocher de Roquebrune sur Argens. Près de Toulon la presque île de Giens est magnifique et il y a des endroits où les véliplanchistes se donnent en spectacle. Happy shot ! Bientôt des photos de Ténérife sur mon Flickr ;-)
30 juin 2008à 13:41(#)
Lorsque je tombe sur un blog ou site qui me plait j’ai toujours peur que l’auteur finisse par se lasser, car je sais que c’est un travail fastidieux que d’écrire tous les jours ou presque, alors si parfois la lassitude te guette pense nous les amorphes de l’écologie que tu éveilles potentiellement chacun de tes articles.
Idem pour tous les autres auteurs écolos qui passeront par l !
Sinon du coup, je surveille de près ta galerie en attendant de nouvelles photos, dans ce domaine aussi la publication peut avoir du bon.
Bonne continuation.
Seb
30 juin 2008à 13:54(#)
Quand j’ai commencé OceKo, pendant mon année de master II en Novembre 2006, je travaillais dessus 5 heures par jours au rythme de 3 ou 4 articles. C’était fatiguant et m’imposer un tel rythme m’a vite découragé !
Aujourd’hui, j’essais de passer 2 heures par jours me documenter et rédiger ou non un article, mais je n’en fait plus des ulcères quand je ne mets pas ma news quotidienne.
J’ai arrêté de regarder les statistiques des visiteurs 4 fois par jours … Finalement si on ne fait pas attention, même en tant que bloggeur on peut devenir aussi cupide que ceux qu’on montre du doigt en se focalisant sur les statistiques et le quantitatif plus que le qualitatif !
Si tu es sur Flickr aussi, tu peux m’ajouter tes contacts que nous partagions nos clichés ?
++nat
30 juin 2008à 18:12(#)
Je me suis permis de t’envoyer un mail en réponse pour éviter de polluer ton blog.
A bientôt.
Seb
1 juillet 2008à 9:34(#)
Ce dernier article frappe pour moi dans le mille ! Tu as su décrire clairement ce que j’ai en tête depuis des mois…
J’attends le moment de l’éveil de nos compères… On a tous perdus le sens de la vie. SImplement le rythme de vie de notre Société motnre quel point nous nous fourvoyons… Travailler alors qu’il fait 30° dehors, alors on utilise la clim pour produire encore plus, plus, plus. Je ne vois pas quoi cela va nous amener si pour cela on doit travailler plus, pour gagner plus d’argent pour ne lus avoir le temps d’en profiter… C’est un cercle infernal de consommation, surconsomation…
Vivement l’éveil ! Eveillez-vous peuple ! Les émeutes de la faim sont les prémices d’un pénible réveil (me semble-t-il) et nous (sur nos chaises dans nos bureaux climatisés seront bientôt violemment secoués par cette vague populaire qui commence gronder).
Nath et vous bloggers, je vous propose si vous n’avez jamais regarder le reportage “Earthlings” sur youtube ou dailymotion (attention ames sensibles, s’abstenir…)
Merci Nathalie d’être active l alors que certains d’entre nous (surtout moi… la honte) ne font rien… Continue de nous éveiller :-)
Erache
1 juillet 2008à 9:39(#)
Merci Erache ;-)
En parlant de clim , juste au dessus de mon bureau j’ai une bouche qui souffle de l’air très très froid. Et il n’y a pas possibilité de la couper puisqu’elle se déclenche automatiquement au dessus d’une certaine température. Résultat j’ai un pull alors qu’on crève de chaud dehors et j’ai du jouer l’équilibriste pour coller une feuille de papier au dessous de la vilaine climatisation.
Ca m’enerrrrrrrrrrrveuuuuuu !!!!!!! Grrrrr
1 juillet 2008à 22:36(#)
Bonsoir Nathalie,
Merci pour ton passage sur mon blog (suite ? http://croissancezero.canalblog.com/archives/2007/05/04/4833797.html#comments)et ton commentaire. Quelle richesse dans le tien, quelle PERTINENCE. Et quel plaisir de partager ces opinions, ne pas être forcément écolo mais simplement se “sentir” éclairé ? Finalement nous serions assez nombreux pour chacun dans notre petit coin influer sur les décideurs.
Bruno
8 août 2008à 16:49(#)
l’article sur “feed the world” est trés bon et j’adhère totalement au propos. Le seul moyen de stopper cette course folle à la consommation de viande est à la fois simple et dure: tendre à un mode de vie végétarien, car seul le consommateur à le pouvoir de faire bouger les choses. le végétarisme peut tous simplement sauver le monde! en plus d’épargner les vies de milliards d’animaux, les centaines de millions de tonnes de céreales qui nourrissent les vaches pourraient servir a alimenter le tiers monde qui crève de faim. la pollution engendrée par les “usines” à viande disparaitrait et les gens deviendraient plus pacifiques. Je suis végétarien depuis 15 ans et j’encourage tous le monde a essayer; au lieu de se demander qu’estce qu’on peut faire, agissons dés aujourd’hui: si cela vous parait dure, instaurez vous 1 ou 2 journées sans viande chaque semaine, ou bien un repas par jour sans viande (le dîner par exemple). ne mangez plus les bébés (agneaux, veaux) et condamnez les procédés les plus cruels (foie gras) chaque geste compte pour donner un coup à l’industrie de la viande et leur dire “nous ne voulons plus de ça”
a voir également le film “earthling” sur google video: c’est édifiant!
PS: la phrase attribuée à Nicolas Hulot est en fait de Ghandi.
amicalement !
Arno
18 septembre 2008à 7:22(#)
Il est temps de prendre conscience de ses actes et d’expliquer aux personnes qui nous entoure, que chacun de nos actes, de nos comportement, de nos achats, influence le monde dans lequel nous vivons.
Pensez au proverbe : battement d’aile papillon peut changer la face du monde.
Tout ça pour dire que nous pouvons tous beaucoup.
Il faut se rappeler que tout à un prix. Même ceux qui court après l’argent en travaillant dur vivent moins longtemps que les autres, la haine, la colère nuit.
En règle générale ce qui nous permet de produire les bonnes hormones sont issues du bonheur, du repos, du plaisir, etc…
Pour ceux qui veulent faire de l’argent, pensez à monter des projets réalisables en harmonie avec la nature et les humains s’éleveront.
dans l’avenir, tout le monde va faire de l’écologie comme argument, même les plus grands pollueurs.
Si cela ne se fait pas, je pense le faire, monter un congrès
pour expliquer les possibilités de faire de l’argent, de gagner sa vie, de profiter de sa famille, et revenir à nos sources tout en utilisant le progrès en connaissance de cause de son impact sur l’environnement sur nous etc…
Un médecin à la retraite.
31 octobre 2008à 15:28(#)
[...] carnivores d’aquaculture comme le thon, ou nos bovins ? Les poules en batterie c’est pareil, vous vous souvenez de ce passage dramatique de « We Feed the Word », n’est-ce pas de la barbarie [...]